1888–1988: du serment rhénan à l’Union continentale
Comment l’avènement de Guillaume II, la Loi de 1893 et les Accords de Reims ont façonné un siècle d’arbitrage et d’intégration
By Claire Montfort, Chroniqueuse politique
June 15, 1988
· Paris
· Event date: June 15, 1888
Un siècle jour pour jour après la proclamation de la « Paix rhénane » sur les marches du Palais de Berlin, les cartons bruns de l’ancienne chancellerie du Conseil de Bruxelles dégorgent toujours de lettres serrées, de télégrammes, de minutes annotées au crayon bleu. On y lit, presque à voix basse, la décision d’un souverain jeune qui, le 15 juin 1888, adossa son avènement à une promesse publique de tempérance et confia à Leo von Caprivi un mandat clair de détente avec Paris. C’est là, dans cette articulation d’un serment et d’un mandat, que s’enracine une manière de gouverner l’Europe qui a rendu possibles l’habitude d’arbitrer, la construction d’un marché commun et, plus tard, l’Union continentale.
La voie s’est ouverte par une chaîne volontaire de réformes. De 1888 à 1893, la fabrique patiente d’un cadre constitutionnel a domestiqué, au cœur de l’Empire allemand, l’usage de la force publique. La Loi impériale sur la conduite de la guerre, adoptée en mai 1893, plaça l’état‑major sous tutelle civile, institua une responsabilité ministérielle explicite et subordonna toute entrée en guerre à un vote du Reichstag. L’effet dépasse le juridique. En instituant un passage parlementaire obligatoire, l’Allemagne donna à la diplomatie une table et un calendrier, offrit à ses voisins un signal de prévisibilité et, pour l’intérieur, une manière de délibération qui allait nourrir une génération d’hommes d’État.
Le vote préalable du Reichstag a imposé un temps de délibération à la tentation de l’ultimatum.
La correspondance entre Caprivi et ses homologues français, conservée au Fonds Juridique I‑Br/02, montre une recherche minutieuse de terrains d’entente. Elle ne craint pas les sujets durs, au premier rang desquels la frontière rhénane et l’Alsace‑Lorraine. Ces échanges préparent la scène de Reims, le 3 octobre 1894, lorsque l’Empereur, en visite officielle, salue sous les voûtes de la cathédrale, puis, sur le parvis, serre la main du président Jean Casimir‑Perier. Les Accords qui suivent fixent un socle: commission d’arbitrage franco‑allemande, gestion conjointe du Rhin avec un secrétariat technique et, point capital pour les sociétés civiles, un statut culturel pour l’Alsace‑Lorraine assurant bilinguisme scolaire et liberté associative.
La Loi de 1893 est un verrou d’agenda. Elle n’a pas retiré aux États leur droit à la défense, elle a encastré ce droit dans une procédure qui oblige à rendre des comptes. Les Accords de Reims ont aussitôt trouvé devant eux des interlocuteurs qui pouvaient prouver à leurs Parlements la valeur des concessions réciproques.
— Hildegard Reuter, directrice des Archives juridiques du Conseil de Bruxelles
Le statut culturel d’Alsace‑Lorraine a donné aux débats une incarnation locale. Le bilinguisme, inscrit dans les écoles et les administrations, et la reconnaissance de sociétés savantes transfrontalières ont desserré la logique des preuves identitaires. Ce régime, conçu au début pour répondre à une question précise, a servi de patron à d’autres aménagements: les droits linguistiques des Sorabes en Lusace, la co‑officialité dans certains districts du Tyrol, l’autonomie pédagogique catalane cadrée par Madrid. Chaque dossier a trouvé, à l’ombre de Reims, un langage commun.
La Commission d’Arbitrage Franco‑Allemande a, elle, acculturé les administrations à une procédure mixte de faits et de droit. Les dossiers d’incidents frontaliers y sont traités avec la même liturgie: enquête contradictoire, rapport des experts techniques, plaidoirie brève, décision motivée. La crédibilité de cette méthode doit beaucoup à des détails: calendriers publics, registres en libre consultation, publication des statistiques d’exécution. Déjà, la méthode gagne au-delà du Rhin. En 1898, avec la création du Conseil de Bruxelles par un acte multilatéral, l’habitude binationale se mue en enceinte européenne permanente.
Le Conseil de Bruxelles s’installe dans une maison sobre, près du parc Léopold. Autour d’une grande table ovale, des délégués de France, d’Allemagne, de Belgique, des Pays‑Bas, d’Italie, d’Autriche‑Hongrie, de Suisse et d’Espagne. Le Royaume‑Uni, prudent, prend un statut d’observateur. Un petit greffe juridique, trois commissions techniques, une chancellerie qui tient les comptes et un protocole des audiences. Dans ce cadre, l’Europe se dote de ce qui lui manquait: un lieu neutre, identifiable, dont l’agenda n’est pas celui d’une capitale nationale et dont les archives sont accessibles.
La première mise à l’épreuve majeure vient avec la question marocaine. En 1905, après des mois de négociations heurtées, le Conseil adopte un Acte sur le Maroc qui reconnaît le rôle réformateur de la France, garantit l’égalité commerciale et établit un corps d’inspection financière tripartite. Les débats, âpres, traduisent un souci de limiter les zones grises d’influence et de mettre sous regard public l’action consulaire et douanière. La décision ne solde pas tout; elle a toutefois renforcé la croyance que le conflit n’est pas l’horizon obligé des ambitions concurrentes.
Guillaume II, en tenue civile, lit le message de la « Paix rhénane » dans une antichambre du Palais de Berlin, 15 juin 1888. Un geste inaugural placé sous le signe de la modération.
Archives impériales allemandes, Section Photographie de Cour
Reims a donné une grammaire, Bruxelles a offert une salle de classe et des registres.
L’été 1914 éprouve à son tour cette grammaire. À la suite de l’attentat de Sarajevo, le Conseil de Bruxelles se réunit en session extraordinaire le 29 juillet. Le Protocole sur la Serbie impose un cessez‑le‑feu, institue une commission d’enquête internationale et fixe un calendrier qui fait écho aux garde‑fous allemands: sans vote du Reichstag, il ne peut y avoir d’engrenage. Les délégués, dit un procès‑verbal, « travaillent la journée entière sur des textes précis, paragraphes en main, afin de soutenir la continence des États par la minutie des mots ».
Ce qui nous a sauvés en 1914 tient à un enchaînement de portes et de serrures. Nous avions le Protocole, nous avions les votes, nous avions appris à ajourner nos colères en les écrivant.
— Josef Maria Kautz, diplomate austro‑hongrois, note au ministère, 1er août 1914
Cette capacité à ajourner sans humilier, à différer sans décrédibiliser, nourrit après la crise une seconde phase: la transformation de l’arbitrage en économie organisée. Le Mémorandum Briand, en 1929, saisit la main du Conseil pour explorer une union douanière graduelle. Il s’agit d’abord de baisser les tarifs à la frontière dans quelques secteurs, de standardiser les gabarits ferroviaires, d’unifier des règles de facturation du charbon et de l’acier. La Convention du Marché Communal, en 1931, donne corps à cette esquisse et institue un secrétariat économique à Bruxelles.
Ces instruments s’avèrent décisifs quand la crise financière s’installe. En 1932, la Caisse de stabilisation continentale, adossée aux banques centrales participantes, offre des lignes de liquidité transfrontalières et un fichier commun des engagements courts. Le mécanisme, modeste au départ, fonctionne par relai d’alertes et arbitrages de taux coordonnés. Les données de l’époque montrent que le commerce intra‑continental a ralenti, mais moins brutalement qu’ailleurs, et que les faillites bancaires ont été circonscrites par des interventions croisées transparentes. Loin d’une fuite en avant, l’économie continentale adopte un langage de précautions.
La guerre d’Espagne, à partir de 1936, est un autre test. En 1938, les Accords de Bruxelles sur l’Espagne encadrent les approvisionnements en armes, mandatent une supervision humanitaire et fixent une feuille de route institutionnelle pour la reprise des administrations civiles. Le Conseil refuse la tentation de l’abstention morale sans se substituer à la souveraineté espagnole. Son action, imparfaite, limite la circulation clandestine d’armes et documente les abus. Les convois sanitaires portent les couleurs de plusieurs États, et les rapports hebdomadaires s’imposent comme un genre nouveau de littérature administrative publique.
Nous avons appris, en Espagne, que la neutralité ne se réduit pas au silence. Elle consiste à accepter de compter, de vérifier et de publier, même lorsque les chiffres heurtent.
— Concepción A. Llorente, déléguée adjointe au bureau humanitaire du Conseil de Bruxelles, rapport interne, juillet 1938
Le décès de Guillaume II en 1941 n’interrompt pas cet apprentissage. L’avènement de Guillaume III s’inscrit dans la forme constitutionnelle fixée par 1893. Le cadre parlementaire allemand demeure, la relation avec Paris reste une pratique et non un événement. De part et d’autre, les administrations connaissent leurs numéros de téléphone, leurs heures de furtivité, leurs limites. Le Conseil de Bruxelles, lui, a déjà un visage, celui d’un secrétariat qui sait inscrire à l’ordre du jour sans provoquer et retirer sans offenser.
C’est après 1945 que la bascule décisive se produit, non plus dans les prétoires d’arbitrage, mais dans les ateliers de l’intégration. Le Traité de Luxembourg de 1952 institue l’Union continentale. On passe d’une logique de rendez‑vous à une logique d’action continue. Des communautés sectorielles du charbon, de l’acier et du rail sont créées. Une Commission du Marché Continental voit le jour, dotée d’un pouvoir d’initiative et d’une capacité de contrôle sur des normes techniques. Le droit continental, à petites touches, prend une consistance qui fait autorité jusque dans les tribunaux nationaux.
La première session du Conseil de Bruxelles, vers 1898: délégations réunies autour de la table ovale, greffe et encriers en place. La méthode de la conciliation s’installe.
Conseil de Bruxelles, Service du Greffe — Fonds iconographique
Cette intégration, si elle vise d’abord l’économie, n’ignore pas la société. En 1964, la Charte sociale continentale fixe des standards minimaux de temps de travail, de sécurité et de représentation des salariés. L’idée est simple: l’ouverture des marchés doit s’accompagner d’un socle social qui réduit les incitations au moins‑disant. Arrestations d’ouvriers sur les chantiers transfrontaliers, contentieux sur le port des équipements de protection, reconnaissance des délégués du personnel, toute une série de litiges trouve alors un juge commun et des références partagées.
La Commission du Marché Continental a transformé des habitudes de négociation en règles d’action.
La création du Pool énergétique continental, en 1974, vient compléter ce dispositif. Face aux secousses du prix du pétrole, les États mettent en commun des plans d’économie, organisent des achats groupés et fixent des priorités de desserte. Les délestages sont pilotés selon des grilles connues, les importations de charbon et de gaz s’ajustent, les rail‑routes se renforcent. La solidarité n’est pas un slogan. Elle prend la forme de courbes de charge, de voies réservées aux trains de matières premières et de contrats de réexpédition.
En 1985, l’Acte de Strasbourg donne au chantier un calendrier. Reconnaissance mutuelle des diplômes, ouverture des marchés publics, normes communes dans l’ingénierie électrique et la machine‑outil, règles de concurrence rendues plus justiciables. L’horizon de 1993 se dessine comme une date d’achèvement du marché intérieur. On mesure l’ambition: ce qui, un siècle plus tôt, relevait de la promesse moralisatrice devient une architecture complète, avec des effets concrets sur les vies professionnelles, sur les achats des collectivités et sur la circulation des personnes qualifiées.
Cet édifice a des angles morts. La gestion coloniale a longtemps échappé aux disciplines communes. Les textes fondateurs n’avaient pas prévu de mécanismes contraignants pour les territoires d’outre‑mer. Il a fallu, dans les années 1950, des accords spécifiques, comme la Conférence d’Anvers de 1957, pour définir des statuts d’association au Marché continental, et, plus tard, des clauses sociales minimales pour les travailleurs coloniaux employés par des firmes enregistrées au sein de l’Union. Beaucoup est resté tacite et fragmentaire, des pratiques ont varié selon les métropoles, et l’absence d’un contrôle juridictionnel centralisé a laissé place à des contentieux tardifs.
Quant aux minorités nationales, si l’exemple alsacien‑lorrain a offert des instruments, il n’a pas tout réglé. La co‑officialité linguistique ou la représentation associative ne suffisent pas quand l’accès aux ressources demeure inégal. Les programmes de rattrapage économique régionaux, conduits par la Commission du Marché Continental à partir de 1968, ont commencé à corriger les écarts de productivité et d’emploi. Mais, ici et là, les statistiques montrent des persistances. Les conseils consultatifs instaurés dans les régions à forte identité doivent encore gagner en autorité et en moyens.
La critique la plus tenace vise l’asymétrie entre la vitesse des règles économiques et la lenteur des garanties civiques. Les décisions techniques se sont empilées avec une grande dextérité, portée par des ingénieurs et des juristes efficaces. La consolidation des droits, elle, a avancé par pas plus courts. Les archives du Conseil de Bruxelles témoignent pourtant d’une volonté constante d’aligner procédure et substance. Il y a là une piste pour l’avenir: l’élargissement de la Charte sociale, l’affermissement de la justiciabilité des droits des associations et des syndicats, la meilleure prise en compte des trajectoires migratoires liées au marché intérieur.
L’arbitrage a donné des habitudes, le marché a livré des incitations, la Charte a garanti des planchers. Pour le prochain palier, il faudra accepter des plafonds, c’est‑à‑dire des limites à certaines concurrences internes qui abîment la promesse d’égalité.
— Étienne Rochat, ancien membre de la Commission du Marché Continental
Que reste‑t‑il du geste initial de 1888 dans la pratique contemporaine des capitales européennes? D’abord, une esthétique du délai. Le serment de la Paix rhénane, souvent résumé à une poignée de main, a surtout produit une contrainte de tempo. Les gouvernements savent que la forme des décisions importe autant que leur contenu. Calendriers, votes, audiences publiques, publications des motifs, autant d’éléments qui ralentissent les emballements, exposent les désaccords et, parfois, les résolvent par le seul poids de leur exposition.
Traité de Luxembourg, 18 avril 1952: vue latérale de la table de signatures. L’arbitrage laisse place à l’intégration organisée.
Archives de l’Union continentale — Service audiovisuel
Ensuite, une culture de l’écrit partagé. La Reims des juristes a prolongé la Reims des politiques. Les commissions techniques, qu’elles tranchent une affaire de batardeaux sur le Rhin ou de normes de freins ferroviaires, ont imposé un style de raisonnement et de rédaction. C’est dans ces pages, souvent grises, que l’on retrouve le trait d’union entre la sacralité d’un serment et la sécularité d’un règlement. En 1988, les délégations savent que les phrases dures se paient, tôt ou tard, dans un texte, devant un greffe qui garde la mémoire.
Le partenariat franco‑allemand est devenu une routine de gestion plus qu’un cérémonial diplomatique.
Ce constat n’invite ni à l’autosatisfaction ni à la nostalgie. La méthode européenne, née d’un serment et consolidée par une loi, a tout au long du siècle montré sa capacité à convertir des antagonismes en procédures. Elle ne protège pas de l’erreur, ne garantit pas l’équité parfaite, ne dispense pas d’un effort constant de clarté. Les moments charnières, 1905, 1914, 1931, 1952, 1964, 1974, 1985, racontent une même pédagogie: établir des enceintes, rendre publiques les raisons, mesurer les effets, ajuster. Rien n’y est spectaculaire. Tout y est révisable.
La question qui se pose en 1988 est directement héritée de cette histoire. L’achèvement du marché intérieur appelle une deuxième génération d’outils sociaux et civiques. Il faudra probablement étendre la portée de la Charte de 1964 à des sujets naguère périphériques, comme les données professionnelles, l’équilibre vie‑travail dans les secteurs à contrats courts, la portabilité intégrale des droits à la formation. Les services, prochain terrain majeur d’intégration, réclament des règles de concurrence adaptées et une considération plus fine pour les enjeux culturels.
Reste l’international. Le Conseil de Bruxelles continue de fixer le ton pour les différends européens et au‑delà, par la réputation qu’il s’est faite d’enceinte patiente. Son secrétariat juridique, dont la pratique s’est affinée avec un siècle de conclusions motivées, est aujourd’hui consulté par des États non membres pour des litiges commerciaux et environnementaux. La tentation de l’exportation du modèle existe. Elle doit s’accompagner d’humilité. L’expérience continentale vaut par les pratiques accumulées, par la mémoire matérielle de ses registres et par le faisceau de réformes initiales, parmi lesquelles la Loi de 1893 demeure l’axe.
Revenir à Guillaume II, c’est lire un héritage. Le règne s’achève en 1941, dans le cadre constitutionnel qu’il a lui‑même accepté de mettre en place. Entre‑temps, des générations de parlementaires, de juristes, d’ingénieurs et de syndicalistes ont débarrassé l’Europe de ses improvisations. La poignée de main de Reims, mille fois reproduite, dit quelque chose de simple: l’image seule ne suffit pas. Ce sont les lois, les protocoles et les greffes qui prolongent les poignées de main. Le siècle écoulé en offre la démonstration, parfois fastidieuse, toujours concrète.
La Revue Continentale a relu pour ce numéro les procès‑verbaux de la première session du Conseil de Bruxelles de 1898. On y trouve, dès les premiers jours, des gestes qui ont valeur d’ensemencement. Un secrétaire belge demande si l’on peut publier les ordres du jour, un juriste italien propose de standardiser les formats des pièces, un délégué suisse insiste pour que les décisions comportent un résumé clair. Rien d’héroïque. Une liste de tâches qui, reprise des centaines de fois, a permis aux sociétés de respirer avec les institutions plutôt que contre elles.
De 1893 à 1985, la séquence est nette: la Loi de 1893 fixe la responsabilité civile de la décision militaire; les Accords de Reims installent l’arbitrage bilatéral et un statut alsacien‑lorrain; le Conseil de Bruxelles fournit un cadre permanent et des archives publiques; le Traité de Luxembourg (1952) ouvre l’Union continentale et ses communautés sectorielles; la Charte sociale (1964) établit des standards minimaux; le Pool énergétique (1974) organise la solidarité face aux chocs; l’Acte de Strasbourg (1985) cadence l’achèvement du marché intérieur. À chaque étape, un effort de méthode et un gain de stabilité.
Cent ans après le serment, l’Europe gouverne par écrit, par délais, par règles. Elle sait renoncer à la posture pour gagner en usage. Il revient désormais à ceux qui bâtissent la suite de ne pas oublier ce que rappellent les cartons bruns du Conseil: une promesse n’a de portée que si quelqu’un en tient le registre, si une salle existe pour l’entendre, et si la loi à l’étage inférieur continue de soutenir le poids de l’ensemble.